En France

carte_franceLe syndrome a eu du mal à être reconnu, et ne l’est pas encore totalement. Il peut être ignoré par les professionnels, parfois soucieux de l’annonce du diagnostic et du retentissement qu’il engendre, parfois empêtrés dans des orientations théoriques personnelles ; le syndrome d’Asperger n’existe pas en tant qu’entité distincte dans les précédentes versions de la CFTMEA, et n’y a été individualisé que dans la dernière version (année 2000). Notons que les termes dysharmonie de développement, dysharmonie d’évolution, dysharmonie psychotique, Trouble Complexe et Multiple du Développement (MCDD Multiple-complex Developpemental Disorder) sont souvent utilisés en France pour décrire les troubles autistiques et conditionnent la mise en œuvre de mesures thérapeutiques et éducatives parfois inadaptées. Ces termes ne figurent pas dans la nomenclature internationale CIM10 et ne devraient plus être utilisés selon les recommandations. De fait, depuis quelques années, certaines associations dénoncent des diagnostics de « Dépression infantile » sont de plus en plus souvent prononcés à tort, en lieu et place des anciennes dysharmonies.

Les tergiversations diagnostiques observées en France sont dues en partie à une approche des praticiens français différente de celle énoncée par l’OMS : l’approche française remet partiellement en cause l’existence de ce syndrome, du moins en tant qu’entité distincte de l’autisme. L’approche française se défait néanmoins progressivement d’une imprégnation psychanalytique qui a contribué et contribue à l’histoire et la recherche de la psychiatrie française.

L’avis N° 102 du Comité national d’éthique du 6 décembre 2007 a officiellement reconnu les chiffres de 350 000 à 600 000 autistes en France, soit entre 0,6% et 1% de la population, ainsi que les multiples difficultés et déficiences du système français de prise en charge.